dimanche 17 février 2019

L'EVANGILE BleuNUIT - Dans la poursuite du surromantisme BleuNUIT- 7 : SOUPOPOIRO BLUES


Dans nos caboches de Bleuze Boùdhènne Xploùsion ! Ils sont tous, là ! tel des étoiles de minuit et Roland Van Campenhout NOUS le rappelle Blind Willie Johnson [l'aveugle à la petite cuillère en argent moé pon din s' bouke !] , Charlie Patton [parèhl eque ch'Graind Géréraùl moé pon ed Gaulle à cose eque ch'éto, li, in amerloke ! ], Robert Johnson [pi ch'dhiape à l'croisé ed chés kémins], Sleepy John Estes [chti equ'i' canto equ'i' avot dés raùts din s'cuizine], Howlin'Wolf  [làù, ej'vaù foére ch'Leu !], Little Walter & Sonny Boy Williamson [to's lé 2 ed jueu'd'Harmonica pi moéme eque i' i' in'avo' 2 Sonny Williamson !?],  Miles Davis [ed li, ej' vaù nin edvié ed maù, ch'ét coére in bon moé pon quin i' foutu edzeur l'ghife dech s'feume] & John Coltrane [A Love Supreme, A Love Supreme, A Love Supreme, A Love Supreme...], Lightnin' Hopkings [ chti-aùl equ'i' a foét in diske acq Barbara Kane] & Big Bill Broonzy [li, i' avo 13 cortes à s' djitare ! equ'i' avo' agolilé li moéme moé ch'ét lazuré din' m'tiéte, ch'ét Big Joe Williams equ'i avo' 13 cortes à s'ditare pi pon Big Bill Broonzy],  Woody Guthrie [pon ed Bob Dylan sains Woody !... ], Leadbelly  [étou in' l' spoto 'Vinte ed plonb'... Ooooh ! Back Betty (bis)], Hank Williams & Jimmy Rodgers [Laù, à nouvio i' foét arwet'tié ch'film ed Clint Eastwood 'Honky Tonk Man' pi ej' aù énne quinte ed toux... ], Boris Vian & Edih Piaf [ouvré ch'kamasutra ed chés zz'anmes ! 'Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en rose...' ]. Et il NOUS parle avec sa guitare et je me souviens.*


13 octobre 2009, j'arrive en Bruxelles en début d'après-midi et je gare ma vieille bagnole après avoir fait le plein de monnaie à une station service pour donner à manger aux parcmètres affamés. j'arpente le boulevard Anspach puis je m'engage sur le boulevard Lemonier ; je retrouve le Camarade Tomas Sidoli dans la boutique 'Pèle Mêle' où je démuche des disques et des livres de seconde main, je retrouve un exemplaire de la bande sonore du film Abracadabra pour laquelle Arno a livré une version restée jusqu'alors inédite de 'Give me the Gift'. Tomas m'apprend que Clémence, son amoureuse, adore écouter 'Freight Train' d'Elizabeth Cotten. Nous allons boire une bière et puis je file retrouver Roland à L'Ancienne Belgique. Là, l'Homme de Boom (il est né à Boom, c'est dans la banlieue d'Anvers et CELA ne s'invente pas quand on aime le Blues et que l'on a même rencontré John Lee Hooker !) tout en me tendant et m'offrant 'Parcours', son nouvel opus, me confie qu'il l'a vraiment ce soir, le Blues...

...d'ailleurs moi aussi, j'ai le ventre et la poitrine plombées d'avoir traîné ma vieille carcasse toute l'après-midi dans les rues de Bruxelles rendues agressives par d'incessantes stridentes sirènes de police...


...Plus tard, seul sur la scène de l'Ancienne Belgique, Roland, avec deux de ses guitares, son vieil ampli et une petite boite blanche magique rend un émouvant hommage à Leadbelly et encore aussi au père et au fils Lomax. Il nous balance une version belle à chialer de 'Ballad of Jean Harlow'. OUI ! ce soir, il l'a vraiment bien le blues, Roland. Nous nous retrouvons après son concert et nous n'avons aucunement envie de subir le groupe qui suit et qui doit se produire... Nous nous embrassons et chacun s'en retourne de son côté, avec son blues... Il y a des jours et surtout des soirées comme CELA... BleuNUIT !


- Un dessin de carnet pour enfant de Laurence Lechable -

SOUPOPOIRO BLUES

À Laurence Lechable

1.
Au mitan de la nuit, au cœur de la Wallonie
Seul à une table de trois, de l'après-midi
Je revois le train vers Amiens et Rouen
Partir dans l'autre sens du souffle du vent 
Larmes roulent quand Nils et Roland...

Refrain
Soupopoiro blues, je ne sais rien de vous.
Salade van groenteen en fruit, Vous ne savez rien de moi.
Composez votre menu à votre guise
Bleu, rouge et épices en petite cuisine.

2.
À la piquette du jour, au seuil de la Picardie
Allongé au double drap du vieux lit
J'entends de la Scarpe le chant lent
Ecouler sa promesse dans le vent
Sourires s'échangent quand Nils et Roland...

Refrain

3.
Aux vêpres d'or, en la Saint Infirmary
Accoudé au souper vide de nos nuits
J'offre une poignée de mots caressants
Ecrire votre attente dans le vent
Espoirs s'inventent quand Nils et Roland...


Au volant de ma veille caisse, tel un Jack Kerouac de la vieille Europe comme me l'a écrit Ivar Ch'Vavar et parce que 'Poetry ! Poetry ! Poetry !...' comme le récite Roland, je rentre vers la France qui me semble de plus en plus puer le (f)Rance. Je m'arrête sur une aire de repos d'une autoroute qui traverse la Wallonie-Picarde. Je coupe le contact du moteur mais je laisse tourner le lecteur radio disque compact pour laisser filer dans la nuit 'Parcours' de Roland ; puis je tire mon stylo plume de ma pochette de lunettes et dans mon cahier d'avale bitume j'inscris des notes... 'Love & Devotion', Roland rend hommage à John Coltrane et en corps à Wannes Van de Velde qui n'est plus là, tout comme Jérémy, pourtant l'itinérance, le voyage, la respiration et le souffle de la musique, de la poésie, des échos de flamencos de la guitare de Wannes Van de Velde résonnent à jamais tel 'Pieter Breughel in Brussel'.

Ici là/Ichi laù, ichi Leu/Ici Loup ! tout comme NOUS le confirme mon Camarade Ivar Ch'Vavar, le poète d'Amiens [...]Que ma tripe s'offre aux semelles/des demoiselles - Si je peux rouler des yeux blancs/Je meurs content."


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Kris à Lucie : Je suis sûrement le jeune homme sur le siège éjectable de ton été pourri.

Mais chut ! répond Lucie qui dans la nuit qui tombe, d'une main gantée de dentelle noire, met un temps infini à écarter son vaste manteau sous lequel elle est en bikini fluo ou moins même encore.

Que se passe-t-il, tu déménages ? interroge Kris.

Lucie jette un fagot sur les cendres encore chaudes de la cheminée. Brusquement, une flamme jaillit, puis une autre, chassant la fumée. C'est pareil à un rideau de feu qui éclaire toute la pièce dans des crépitements. Lucie s'affaire. Assise sur la table basse du salon, elle cale le moulin à moudre le café entre ses genoux. Bientôt elle verse la poudre obtenue dans le filtre de la cafetière émaillée BleuNUIT. Lucie retire son tablier ; ses vêtements sont des oripeaux, sur son jupon elle porte une blouse de coton noir imprimée de fleurettes blanches et dont les manches courtes offrent à voir la pâleur de ses bras. Lucie lance à Kris un sourire ; comme elle est jolie. Kris s'avance vers Lucie en demandant : Tu n'es pas fâché ?
- Tu as l'air d'un petit dragon gallois. Lui répond-t-elle. Lucie se débarrasse alors de ses oripeaux crasseux qui dissimulent son corps. Ses cheveux dénoués, couronnés de fleurs des champs et de chèvrefeuille, elle enfile maintenant une robe légère qui prend les couleurs du temps amoureux et souligne les formes de sa grâce féminine.
- Et toi, tu est la 'Farfue' Coquelicot-Bleu. Murmure Kris.
Lucie verse quelques larmes d'un élixir dans la chaude cafetière bleuNUIT et en verse quelques gouttes sur un sucre d'orge qu'elle tend à Kris qui interroge : C'est quoi ?
- Lèche et avale, ça va te faire du bien !;
Après avoir renifler, Kris obéit.
- En route, maintenant ! Ordonne Lucie en hurlant.
D'après notes de nuit du 13 au 14.10.2009,
de Christian-Edziré Déquesnes,
pour L'Evangile BleuNUITS.


*Traduction de la partie avec du picard dedans : Dans nos têtes de blues nombril explosé ! Ils sont tous, là ! tel des étoiles de minuit et Roland Van Campenhout NOUS le rappelle Blind Willie Johnson [l'aveugle à la petite cuillère en argent mais pas dans sa bouche !], Chatlie Patton [pareil que le Grand Général mais pas de Gaulle à cause que c'était, lui, un 'ricain !], Robert Johnson [puis le diable au carrefour.], Sleepy John Estes [celui qui chantait qu'il avait des rats dans sa cuisine.], Howlin'Wolf [Là, je vais faire le Loup !], Little Walter & Sonny Boy Williamson [tous les deux des joueurs d'Harmonica et même qu'il y en avait 2 Sonny Williamson !?], Miles Davis [de lui, je ne vais pas en dire du mal, c'est encore un bon mais pas quand il met sur la gueule de sa femme & John Coltrane [Un Amour Supréme x4.], Lightnin' Hopkins [celui là qui a fait un disque avec Barbara Dane] & Bill Bill Broonzy [lui, il avait 13 cordes à sa guitare ! qu'il avait bricolé lui même mais c'est fendu dans ma tête, c'est Big Joe Williams qui avait 13 cordes à sa guitare et pas Big Bill Broonzy], Woody Guthrie [pas de Bob Dylan sans Woody !...], Leadbelly [aussi on le surnommait Ventre de plomb... Ooooh ! Black Betty (bis)], Hank Williams et Jimmy Rodgers [Là, à nouveau il faut regarder le film de Clint Eastwood 'Honky Tonk Man' et j'ai une quinte de toux...], Boris Vian et Edith Piaf [ouvrez le kamasutra des âmes ! 'Quand tu me prends dans tes bras, je vois la vie en rose...']. Et il NOUS parle avec sa guitare et je me souviens.

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