dimanche 10 février 2019

L'EVANGILE BleuNUIT - Dans la poursuite du surromantisme BleuNUIT - 6. Au coeur d'une longue nuit... PLUS LOIN...



Au cœur d'une longue nuit... plus loin... La Musique que NOUS aimons n'est pas la leur. Sur la grande scène de l'AMOR, ta Vierge et mon Chris+ en croi+ copulent dans toutes les langues du monde. 'Ratarata ! La jalousie c'est moi !' : Moi, dans le vestibule de mes médecins maltraitants, j'ai failli y rester cet été ! j'attends ma consultation tout en dévorant un maximum de pages de 'Je suis un cut-up vivant' en hommage à Claude Pélieu ; toi, ailleurs, sur tes routes-accordéons à la recherche de ton Lucky Luke anarchiste.

Maintenant il n'y a que du vent dans ma tête et sur mes âmes de sang des feux. Rouler bientôt jusqu'au cœur de la Wallonie-Picarde afin de retrouver à Lessines Orlando Yo Yo et ce sera à nouveau avec son Camarade Nils 'Adieu, le monde... comme une boule de Berlin...".

Dans le feu de mes nuits d'insomnies, il y a la guitare épileptique de Jimi Hendrix, le bottleneck de Mississippi Fred McDowell, 'La Crevaille' de Claude Pélieu [son dernier p'tit livre]... Jusqu'à l'image d'Ivar Ch'Vavar, à Amiens, assis dans le fauteuil de son salon qui les yeux fermés écoute le disque de Lady Angélina. Plus loin, c'est là que nous allons un siècle creux à notre bras. Il y a des soirs, il ne faut pas hésiter à se mettre en route 'Ah' ouais, faut viendre hein ! mi, étou ej viendre aveuck m'bidoche !*'. J'arrive donc avec ces messages qui tournent et se retournent s'enroulant sur NOUS-même. Dans la piquette du jour qui se lève, alors me reviennent en mémoire des vers de Bernard Noël [...]tu marches sur la mort / et tu vois de son haut / l'ici-delà / et le soleil / et le soleil / savon de feu roulant / sur le vieux monde / ce qui vient / est l'air de ce qui est / le désir va plus loin / encore [...]


'ONORE BLUES

Àrfrin

Parélh à in tchien, parélh à in tchien ed rin !
Mi, ej su ichi-laù acq ech'fu.**

1. Exterminée, disparue la petite semaine
Dérive dans le canal boueux de la mort lente.
Le bout d'une lèvre de lingeries mécaniques
Se tient chaque soir sur le pont de La Scarpes.

Àrfrin

2. L'œuf pourri d'une parole sans voix s'affole,
Ses membranes fondues toutes enfoncées
Au-delà de jets de bouillons de bitume brûlant.
Cette heure-ci s'écrase et roule par terre.

Àrfrin 

3. Devant les couleurs fluo-dégueulasses du défilé
D'images où les exploits truqués inondent
Les brillants écrans noirs, face à l'immédiat
Qui ne répond pas, NOUS sommes idiot devant !

Àrfrin

4. Aucun chemin n'existe plus devant NOUS,
Quelques phrases NOUS chantent de poursuivre,
D'avancer. Devons NOUS les croire ?
Les portes se ferment, ne NOUS disent rien.

Àrfrin

5. Pareils à cette lourde lanterne-tenaille
Qui NOUS guette de son carnivore œil de cyclope,
NOUS NOUS épuisons à marcher avec la soif
Et la faim de partir avec le mal.


Prise en faute, une herbe chatouille le visage de Lucie qui la repousse d'une main mais sans succès tout en chucotant.
- J'ai dans ma poitrine comme un oiseau qui désire s'envoler.
Elle tend la pointe du couteau vers Kris puis poursuit.
- Sous ma jupe, passes ta main dans ma culotte !
- Il est temps de repartir ! 
Répond Kris, en enlevant d'un geste prompt, sec l'herbe qui chatouille le visage de Lucie ; au passage il arrache le couteau à cran d'arrêt de la main de la fausse ingénue puis le referme.

Les voilà à nouveau en route. Maintenant ils arrivent, s'arrêtent devant une bâtisse d'où sort un vieil homme à tête de Loup blanc qui s'esclaffe.
- Sacrée Lucie, toujours aussi mignonne.
Kris la regarde, satisfait, il est sûr qu'elle est bien jolie. Il resserre ses cuisses en frissonnant. les arbres autour de la grande maison s'espacent pour peu à peu disparaître. Revoilà d'un coup tout le ciel BleuNUIT. Le soleil s'enfonce à l'horizon dans un grognement rougeoyant qui effraie Lucie de par sa beauté et elle crise car elle, elle ne voit pas le vieil homme à tête de Loup blanc ; CELA inquiète mais émeut aussi profondément Kris qui la serre alors entre ses bras pour la rassurer.

Maintenant il y a quelques étoiles dans le velours BleuNUIT des cieux qui peu a peu s'assombrissent totalement. Leurs silhouettes mêlées se détachent sur le fond BleuNUIT de la carte postale. Dans le firmament trace une étoile filante.
- Fais un vœux ! 
Murmure Lucie à Kris.
L'air est doux, Lucie soupire de bien-être désormais. Kris voudrait arrêter le temps, ne plus vieillir, rester toujours auprès de Lucie, la regarder vivre. Il désire que cette nuit d'automne ne finisse jamais, mais il ne fait jamais de vœux car il sait que les superstitions sont bien inutiles et que Lucie est définitivement bien folle.

Ecrit les 12, 14, 17 et 18 novembre 2009,
en Saint Amand-les-Eaux
et revu, modifié le 10 février 2019,
en Dwai.

*traduction française du picard : 'Ah' oui, faut venir hein ! moi, aussi je viens avec ma viande !'

**traduction française du picard : 'Pareil à un chien, pareil à un chien de rien / Moi, je suis vivant avec le feu !'

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