mardi 29 janvier 2019

L'EVANGILE BleuNUIT - Dans la poursuite du surromantisme BleuNUIT - 4.


              
- JACK KEROUAC
Lithographie de Lucien Suel. -
     
[...]Comme un "Jack Kerouac" de la vieille Europe[...]

À Timéo,
à Orlando Yoyo.

[...] J'ai appelé ce poème Ici là
parce que je me reprochais de "pratiquer"
une écriture différée, dépassée et d'esquive...
de ne pas parler du présent, de la présence, etc...
...pensais-je... d'un monde rêvé.
En réalité, dans aucun autre texte peut-être,
je n'ai été aussi proche d'une écriture "immédiate".

Ivar Ch'Vavar
- extrait d'Ichi leu / parution : septembre 2009.


Depuis le 28 juillet 2009, Timéo est là !

Depuis si je regarde le ciel - et depuis je les zieute souvent les cieux - ,  j'y découvre des nœuds de lumières qu'auparavant jamais je n'avais même pu entrevoir. Dans les cieux, c'est très important les nœuds de lumières car ils m'offrent forces et désirs afin de poursuivre le surromantisme BleuNUIT comme un 'Jack Kerouac' de la vieille Europe.

La nuit du samedi-dimanche n'est pas morose car je suis emporté par une Camarade, Joce-Llyne , dans une escapade en fin d'après midi et bientôt la nuit, NOUS  sommes  à Fretin à La Ferme des Hirondelles transformée jadis en petit théâtre par Ronny Coutteure (qui se souvient de Ronny Coutteure ?) et découvrir le tour de chant d'un ami à elle... La complicité du pianiste et l'osmose entre le chanteur est énorme ! Puis en compagnie de chanteur, NOUS rentrons de nuit vers les faubourgs des banlieues minières de briques rouges du grand Dwai, à la recherche du dernier rade ouvert que NOUS démuchons au delà de minuit ; alors  j'écoute en corps jusque passé trois du matin le chanteur évoquer les joies de son métier mais aussi des épisodes d'une sa vie personnelle faite d'engagements complets donc de déceptions et de défaites , il a cessé à l'âge de 40 ans sa carrière de journaliste dans la presse régionale du Nord/Pas-de-Calais afin de se consacrer pleinement à la défense sur scène de la vraie chanson française. Le chanteur poursuit toujours sa Quête !

Même les yeux fermés, même les yeux éclatés, plus moyen d'y voir clair ; les images sont brouillées, parasitées, truquées, censurées. L'œil crevé s'ouvre sur un virtuel horizon rouge-mensonge où les foules se bousculent courant vers les nouvelles frontières de "on ne sait quoi ?". Dans l'intense circulation des informations du monde, les publicités inondent nos murs et nos écrans. Même les yeux crevés NOUS ne pouvons pas y échapper. NOUS sommes les singes encagés qui hurlent en silence comme sur une peinture de Francis Bacon, NOUS sommes des chevaux s'enlisant dans un bayou de Louisiane, NOUS sommes phoques innocents que l'on mène à l'abbattage.

...Toudi su l'coéchie/Toujours sur la chaussé, déjà dimanche matin, je trace la route puisqu'invité , l'avant veille, par une belle brute, jusqu'Herzelle au Nord de la Flandre française... presque chez les Belges ; je le retrouve dans ce lieux mythique, improbable et  incontestablement à découvrir Le café des Orgues où trônent trois gigantesques limonaires et une giganteste piste de danses où tous les dimanches après-midi, jusqu'en début de soirée anciens et plus jeunes, des tous jeunes aussi ! se retrouvent pour danser sur des airs d'antan.  Aujourd'hui, c'est l'événement car l'un des limonaires joue un nouveau carton crée pour l'occasion par un groupe de Musique expérimentale, répétitive, très répétitive et d'avant garde. Là, je suis pareil comme au cœur de longues scènes qui sortent d'un film de David Lynch ou mieux encore de Bruno Dumont... - Herzelle se situe pas loin finalement du Mont Cassel - ...et au beau milieu d'un paquet de danseurs, j'assiste statique à un ballet intemporelle, les guincheurs volontaires sur la piste sont de les  tous âges et les voilà qui décollent, s'envolent du parquet de bois de piste au son d'une Musique qui doit plus au Krautrock de Can qu'à la valse musette... d'ailleurs la bière est en rupture de stock au café des Orgues où c'est la kermesse intemporelle. Attention ! James Ensor va faire une apparition ?

Puis je relis encore ce qu'a écrit Dylan Thomas : 'Et puis un poète est poète durant une fraction si intime de sa vie, n'étant le reste du temps qu'un être humain dont l'une des responsabilités est de connaître et de sentir, autant que faire se peut, tout ce qui bouge autour de lui et en lui, afin que sa poésie quand il vient à l'écrire, tente d'exprimer la quintessence de l'expérience humaine sur cette terre si insolite et qui semble... tellement attirée vers l'enfer !'.

Mais je suis sauvé car je retrouve Pénélope, prés de 15 ans que NOUS NOUS étions quittés puis  elle m'apprend qu'avec son complice Nico, ils ont enfanté le carton de la performance, perfordance plutôt, de la soirée ; elle a été aussi membre du groupe 'Mise en Bière' dont tout le monde  d'ailleurs me parle ce soir !?

Puis je m'échappe de la clinique dans laquelle ils m'ont conseillé de me rendre pour y prendre une cure de repos mais il y a un concert de rock avec ce chanteur qui un jour en posant tout le plat de sa main sur le haut de mon crâne à fredonner ; 'On se décide sans faire semblant que ce sera comme ça la réalité, s'envoler vers les étoiles... Je touche ta main, je ferme les yeux, je ferme la bouche et puis les oreilles. C'est trop précieux pour que j'en parle, bien trop précieux mais j'en parle quand même. Puis on se tait...'.



Mais déjà je tourne dans une autre scène... - juste avant mon retour dans la nuit après distribué quelques "pauvres" numéros de la revue "Le Ribaud Crétin"- ...autre retrouvaille ! Je suis face à face à Tilmond Mazure equ'i' aù été l'in ed chès djitaristes ed min preume bainde Chés Déssaquaches.  Les Extractions, Il y a prés de vingt ans,  du temps de quand j'étais chanteur... Dans la nuit, sur l'autoroute du retour, je sifflote une chanson de Michel Delpech...



'Rhénondhious ed mahouse !...' - je confie à Gilles de Dechy - ...'Tu imagines... un contrebassiste au faciès buriné et pareille à un Klaus Kinski clownesque qui est au rock à Billy ce que Charles Mingus est au jazz en liberté...'. Oui, NOUS avons vu CELA aussi...

...De retour à Dwai, je découvre min kien Verlaine, mon chien musicologue. Il écoute à tue tête le double disques-compact de : LES SERPENTS NOIRS- Tous les Tubes, de Liège... Il a retiré CELA au point relais de réceptions de colis privés, samedi en fin de journée... Tous les occupants de l'immeuble de ma résidence sont traumatisé car CELA fait plus de 24 heures, en mon absence qui passe les chansons 'SeXordinaires' de Les Serpents Noirs en boucles... Il était temps que je rentre !

...Enfin le chanteur, rebelle, Jon Spencer, une icône survoltées qui de passage à Lourdes fait réapparaître et bondir de la grotte de la Marie, la Vierge, j'ai cette année de nouveau rendez vous avec lui, au cœur de la Wallonie Picarde, au premier mai comme un 'Jack Kerouac' de la vieille Europe.



Ecris à partir de notes d'été, automne et hiver 2009/2010,
en Saint Amand-les-Eaux 
et complété d'éléments griffonnés entre le 26.01 et 01.02.2019,
en Dwai.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire