vendredi 8 mars 2019

L'EVANGILE BleuNUIT - Dans la poursuite du surromantisme BleuNUIT - 11. CELA BOUGE et pas seulement dans le Rouge...


Fin
on arrête là
on ne sait quel paysage bouge rouge
au fond de l'œil...
- Antoine Emaz -

Ascension / CELA grand partout / NOUS NOUS élevons. Dans le bus, j'écoute Louisiana Red chanter Mary Dee Shuffle. Vraiment je l'entend, elle est chantée comme pour NOUS... Aujourd'hui, siècle 21 / dans la fange, maintenant CELA se joue... pour NOUS... D'abords, est un nourrisson / le fils... NOUS sommes deux... en échos est un autre nourrisson / la sœur... Lui et moi assis sur les deux premiers strapontins du première ramassage du bus... VOILÀ... un de chaque côté collé, à la vitre, moi, à gauche, lui à droite avec sa guitare branchée sur un petit ampli... Tel qu'il la chante toujours et toujours / NOUS sommes à être là, accouché au monde et CELA bouge et pas seulement Rouge. Il porte une paire de lunettes noires, un blouson en cuir élimé noir, des chaussures en cuir noires et cirées ; il fait crisser et pleurer sa guitare noire. Il chante, psalmodie plutôt comme NOUS le désirons... encore tant d'autres naissent encore... NOUS sortons d'un licenciement par rupture conventionnelle collective de fonctions qui sont devenues pour NOUS l'enfer d'un bagne impitoyable... Vous vous épousez / Elles enfantent des nourrissons... NOUS NOUS disons 'NOUS avons fait, parait-il, un burn out solidaire... NOUS sommes là ! / La fange de part le siècle 21 monte / et les animaux ?... NOUS désirons enregistrer Louisiana Red mais NOUS n'avons plus de magnétophone... Puis un petit animal... un autre jour... une petite bête... Il chante et joue si juste. c'est juste la paix qu'il NOUS faut : CELA fait du bien là où j'ai mal... NOUS lui demandons, Montes encore  / Apporte de la fange / Il n'en apporte pas... Un policier en civil qui en a trop vu , grimpe dans le bus du solidaire burn out collectif,  chantonne à son tour la mélopée que fredonne Louisiana Red, avec des mots nouveaux sur tout le malheur qui l'a touché-coulé [pour lui aussi CELA bouge et pas seulement Rouge], les larmes, les cris, la colère, la mort, la fureur, le sang, les excréments et l'urine... les mercis pour rien et l'incessant entêtant entêtement : NOUS allons NOUS en tirez hein ? Louisiana / Apporte de la fange, toi / Il n'apporte que du sable gris de cailloux des profondeurs aigue-marines.... NOUS allons nous en tirez ? Vous vous rendez aux hôpitaux intercommunaux. la transpiration qui vous pousse à boire, la prostitution, la drogue, les notables corrompus intouchables, la vie, le repli identitaire, les jeux vidéos, l'addiction, la radicalisation. Les fossoyeurs communaux creusent des fosses pour les cadavres de la misère quotidienne et les jardiniers communaux creusent aussi des trous aux terres des ronds points afin de planter des fleurs pour l'accueil de la nouvelle équipe du nouveau maire alors que c'était déjà très bien avant. La spéculation immobilière, le banquier qui ment, la souffrance de son ancienne femme, les préservatifs que l'on trouve dans les sous-sols des parkings et de temps en temps même parfois un cadavre, parfois non identifiable mais c'est un étranger, un réfugié. La violence, la tendresse dans un regard... ouvert vers des profondeurs aigue-marines... NOUS récitons / Ascension / CELA grand partout / NOUS NOUS élevons... Rhabillez-vous, comme chez le médecin ! Balance Louisiana Red au policier... Prenez une poignée de sable gris de cailloux des profondeurs aigue-marines, jettez en l'air... Ou alors c'est un chauffeur de taxi en uniforme de ville ?... un petit nuage gris, gris picard... Le prochain arrêt est celui de la station finale où tout le monde doit descendre... Elle pense, il est le miséricordieux / il m'apportera une poignée de sable gris... NOUS descendons les premiers en portant collectivement le petit ampli, Louisiana Red NOUS suit avec sa guitare, le policier en civil chauffeur de taxi en uniforme de ville est â la traine... Toute cette fange / Là,  chez NOUS... Pour NOUS, en Louisiana Red il y a deux être le bluesman élecrique d'Ivernon Minter et une espèce d'indien de Vicksburg, Mississippi, de l'autre bout de l'univers qui tel un charmeur de serpents dompte la Musique de son chant... NOUS de fange... de l'espace et du temps... VOUS de fange... Lune simple et longue complainte raisonnant l'alligator inquiet de nos cœurs... en ce siècle 21 / avec cette fange tellement / Maintenant CELA se traîne ... Peut-être qu'il n'existe pas de différence réelle entre un chaman, un chauffeur de taxi en uniforme de ville, un policier en civil et Louisiana Red, ils ont entendu tant de choses, de sales ou drôles d'histoires... D'abord il y a un nourrisson / la sœur... Les Rois chantent : nos cœurs sont soumis alors qu'ils devraient être déviants... CELA... La brutalité à force devient abstraite... tels qu'ils racontent toujours et toujours / NOUS sommes là à être accouchés au monde de la fange... Le cœur en NOUS bat la mesure maladroite d'un blues de l'autre siècle... encore tant d'autres naissent là encore... de plus en plus vide la pensée... Vous vous épousez... dé-pensée flottant sur l'eau d'une baignoire comme une bulle d'éther au pied d'un arc-en-ciel de savon, éphémère, quel instant ! vide ! ...Elles enfantent des autres nourrissons... NOUS vous disons, Louisiana Red, sans haine chante... NOUS NOUS élevons / Partout CELA grimpe et pas seulement Rouge bouge / Ascension.


mercredi 6 mars 2019

BAAAZAAARRR BleuNUIT - 3/3.



PLUIES D'INSOMNIE - 3. piraté par I. ChV. [un cimetière dans la tête.]

Pareil au fruit trop mûr ; pareil au fruit trop mûr, pareil au fruit trop mûr mieux vaut pourrir au pied de l'arbre alors que mon existence se trouble - se troublifie. S'étonne que le trop d'amour soit si sombre ; mais c'est que c'est trop ; si injuste aussi. -- Le fruit qui chute : le fruit qui choit. Le fruit qui chute, et chantonne une cruelle berceuse ::: une berceuse cruelle. Mordent les mots. Mordent les mots comme dans un thriller. Ouais : c'est dans l'air... Cela raconte l'histoire du serial thiller et si tu te laisses aller à la faute de frappes, tu obtiens un nouveau serial Hitler... Et maintenant la bière coule à flots ardents sur tes hanches  hardies meurtries, et samedi est déjà dimanche matin, et le blues à cette couleur si sombre de la dernière aurore / horreur / de Jeanne, et il pleut sur le revers de ma veste chagrine, et -- le cri du dragon gonfle ma joue...          Du fond de plus creux de ma gorge monte une mélopée rageuse, colère et furie --- et de plus de repos, plus d'eau même. Je dois vous prédire que les cendres sacrées d'un écorché vif, adroitement crètines [i n' sont pon inchpèys !    )] Tourbillonneront sous peu dans une urne de Musiques et qu'il faut vous attendre à entendre la sentence d'un oracle malicieux : 'Roule, roule-toi en toi-même, Bébé, et ne jette plus un seul regards sur les spots des campagnes électorales.' Mais sur les écrans d'ordinateurs, déguisés de leur squelette virtuel ::: les nouveaux Poètes ne sont plus rien que de vils manipulateurs. Et bien plus tôt que nous ne pouvions (que nous ne pourrions, encore : que nous ne pouvrions) l'imaginer, l'homme a déjà écrit l'ultime poème de sa fin des fins alors que personne n'ose plus même se souvenir que dans l'angle mort de sa mémoire des frasques exhibitionnistes du chanteur sauvage à demi-nu éructant ::: 'Open Up And Bleed'/12'23". Ron Asheton : Lead Bass & Vocals, James Williamson : Guitars, Scott Asheton : Drums, Scott Thurston : Piano, Harp, Mouth, Iggy Pop : Vocals, Recorded at Los Angesles Whiskey At Go Go, 9/16[sic]1973 [à-poènnhe cruyabe !]                 Dans les rues de sa vieille ville un passant dans l'ahurissement de son égarement effaré / se remémore ces vers de -- oui --- John Keats : ' La mélancolie voilée à son autel souverain / Que seul peut voir celui dont la langue énergique / Peut écraser le raisin de la joie contre son palais délicat / Son âme goûtera la tristesse de sa puissance / Et sera suspendu parmi les trophées des nuages.' Oui. -- Et alors tel un Ulysse gaélique, il tisse sa "guerre" contre cette beauté en Troie d'Hélène. Mais ce combat / ce combat contre lui-même... / Mais trop de questions demeurent suspendues.                   Nos voix sont des croix, crois, croââ / voix sont des croix, l'a dit l'homme à la tête de cheval fourbu. Croââ, crois + ! croix... ah ! et il nous offre l'entrevision / clignez les yeux, gars, rapprochez vos paupières / là, en plein ciel de Picardie et sur les crêts et rampes des Galles une église païenne dont les pierres des murs sont nos ::: crâne. Pigé ? [conprind ?]                   Dure et pures, des larmes de lave coulent de la joue et du cou jusqu'aux couilles et mon : vit, membre, chibre blessé de l'homme à la tête de vieux cheval fourbu [viu gvaù ré.u]... Er quel vertige quand en offrande :: il nous tend les mains et les doigts. Alors nous comprenons qu'est venue l'ère du : sabotage. Et toute en force, tout en faiblesse : ! SABOTAGE ! mot d'ordre et mot de passe pour les vieux musiciens et les jeunes poètes qui prennent à devoir de se perdre en des Musiques déchirées - vers tordus - rythmes détraqués, pour mener ce monde / à son terme. Princesse des oiseaux de feux [d'ezz ojioes d'fu] dans le sein des vents qui soufflent tout à la fois rouge, bleu et jaune [rouje, bleuw, ganne] /  Tu accueille filles et fils perdus [fihles, fius pàrdus] / Meurs bouches pleines de la juste révolte [plàny sés boukes] / Ils mordent de leurs petites dents d'enfance acérées et sacrées [ed lùs thioùts dints d'éfanche qu'i cop'të bièn]  / Dans la carcasse pourrissante de la République [din ch'flantchi cafourant d'cheule Républke] / Devenue une funeste farce [qu'a n'ét pu foke ènne crake leuwate, més pores fius [qu'a n'ét pu foke ènne crake lewate, pores fius]].

Ecrit entre 2007 et 2008.



 

lundi 4 mars 2019

BAAAzAAARRR BLEUnuit - 2/3.



BAZAR BLEUnuit / parasité par I.Ch'V / PLUIE D'INSOMNIE 2/3.


'Weak Brain, Narrow Mind' chantait Willie Dixon. Voici le temps des tempêtes et des oragans, --Le temps des déluges. Voici le temps des digues rompues... Les flots emportent tout sur leur passage... Ici déjà les eaux souterraines de l'ancienne rivière enterrés  envahissent nos caves et les fosses à vidange de nos garages -- La pluie coule sur mon âmes au carrefour désert d'Audinghem le Christ en croix + de pierre saigne sa pluie au flanc éclaboussées de pluie [ny' aù ènne photo d'J.Anquetil dinn un col, qui'i ét monflèy, os'c connéssér pétète, qu'o diroét quazi ch'Criss... In mayoùt ganne... ack ènne castchète àrtoernèe dzeur ë' t:ète] sont front est illuminé par un reflet ardent de lumière déposée en éclats de soleil anarchiques et mouillés sur la coulée de perles qui dégouline de la couronne d'aubépines. 'les gens de pluie sont faits de pluie et quand ils pleurent ils disparaissent complétement parce qu'ils fondent.' (James Carr dans Les Gens de la pluie de Francis Ford Coppola). ! Pores thioùts onmes, ech tcheur i nin sanne ed vir chaù. Ej nin bré. Coére bin qu'i pluche à zius d'vake... Oui là, toujours ce foutu Chri st en croix de pierre au carrefour d'Audinghem, depuis mon enfance dans le vent il pleure de pluie/. La nuit tombe, recroquevillé sur le siège de mon automobile et les genoux tout contre mon menton j'écoute la musique qui dégueule de mon autoradio. Les voix toutes emmêlées de punkitude de Brix et d'Arthur E.Smith vomissent 'Perverted by Language/The Fall/ et, rénondidhiousse ! cha bélloche ! ça secoue...


...oui, ça balance, comme pulse la pluie là-bas, comme ça saigne, pluie de pluie sous le cœur du Christ ; ça me mord les tripes ::: c'est comme les tenailles des mâchoires des alligators qui remontent le delta du Mississippi pour bouffer les cadavres rejetés sur les rives de boue après l'passage du terrible ouragan... Et Bessie Smith, en 1924, chantait : 'Ce n'est pas une plaisanterie, la pluie dégringole à tombeaux ouverts / Détrempée jusqu'aux os, j'ai comme le désir de m'allonger là en attendant ma mort./ Je n'ai pas de cruche de terre, et ni même de bouchon. Ce n'est pas d'eau dont soif  [cha n'ét mie d'ioiw eque j'é soé]. / Il est grand temps que le soleil se mette à cogner pour sécher tout ça [  astchir tout chaù]./ Je me suis déniché un fer rchauffé au rouge je vais le garder dans mon lit./ Me remplir de cette bonne vieille cuvée de contrebande et laisser la pluie tomber (tout nettoyer) [tchiteuy chés pleuves tchére / pi tout nétieuy] jusqu'à ma mort...' ['ska qu'ej déviche]. Katrina, plus d'eau potable, plus d'électricité, plus de nourriture... mais des alligators qui remontent leur Mississippi.


dimanche 3 mars 2019

BAAAzAAARRR BleuNUIT.


BAZAR BLEUnuit / parasité par I.Ch'V / PLUIE D'INSOMNIE 1/3.

Un passant mélancolique se glisse entre les lignes des sommaires et passe sur les tables des multiples Passages là où d'autres poèmes probables sont des suspensions invisibles.          Il se souvient qu'hier (ce passant) il pleuvait / tchéyoét dés pleuves / sur le revers de sa veste tandis que chantant le crime de Stack O'Lee, de l'au-delà remontait la voix de Billy Lyons fingué pour un chapeau (capioew).         L'aboiement sourd lointain d'un chien perce la vitre givrée de la fenêtre de la chambre du père. Tellement          il pourpense à l'avenir de l'enfance, à se tordre au lit le sommeil le fuit (tanmint qu'i buzi, li). Et c'est déjà encore l'hiver, toujours (toudi). Peu à peu le sens des poèmes se dilue --- et bientôt il ne pourra plus être perçu qu'entre les lignes des vers qui parallèlement s'éclipsent dans un fracas silencieux / Des images, des impressions, sensation se déplacent en relief dans la chair / font crête / de chair, ourlet de douleur ou plaisir, chaleur et froid, ils flottent dans le sang et életkktricité du corps. Les hirondelles trissent, une volée de flèches picarde a passé,           ---La Grande Picardie ne peut être que mentale et de par Ilse et Pierre Garnier universelle.         Bientôt le printemps il est de reprendre une route (toudi su l'cochie).         Dans la voix de Van Morrison  se dressent droites de grandes tresses de rocailles irlandaises, amours, révoltes réunis... Tout blotti contre moi-même (le fœtus que je fus) comme au fond d'un trou d'obus, j'ai le bazar bleunuit. je désire m'en retourner jusqu'à --- Le bout du pont, mais des essaims d'automobiles --- roulent en grappes --- m'emportent jusqu'aux barrières blanches et rouges électro magnétiques, de la capitale crépitante ::::: Paris. Je peste face à l'inventaire de la médiocrité ambiante [où sont les bidons, les cordons $$ où est le manche du poêlon $ et où donc retrouver le poil du manchon $]. Je me range, je me plie serré dans le fond de ma boite crânienne, tel un duvet roulé contre la paroi de la grotte pariétale. CELA puait l'oeu fpouuri. / attention nous confirmons : l'oeu fpourri/le poème est un nœud de vie à la maison des pages les mots ont une vie secrète.         J'apprends à l'instant (23 juillet 2007) la mort de Jean Stablinsky, 'fidèle équipier de Jacques Anquetil', d'accord, mais personne dans le poste pour rappeler qu'il fut:::champion du monde:::on n'en a pourtant pas eu tant que ça, des Français. Et maintenant les Proricains vont réussir à crever le Tour (comme tout le reste). "Ce qu'est peut-être ta ligne profonde mentale... un fait, un événement est l'image poétique : l'image (la scène) est l'image poétique." reçu le 23 mai au courrier de Tousnosjourssontunpoème de Bernard Barbet (il a déjà travaillé dans cette direction lui aussi me confie-t-il avec amitié dans dernière lettre.) / pi Stablinsky, i étot de Nord li étou, amon ! / et sous mon crâne, je sais une grande tour de nostalgie balayé par le vent, les vents, quels sont ces vents ? Saurais-je dire ? Et quelle est cette pluie qui me traverse en me berçant ? Ils sont la souvenance.