L'Evangile BleuNUIT.
"Notre siècle est celui des spéculations, l'esprit financier est à la mode ; on spécule en littérature et en politique, dans les sciences et dans les arts, comme dans toute autre branche de commerce : en province comme à Paris, à la cour comme à la ville, au théâtre comme à la Bourses. Auteurs, savants, artistes sont hommes d'affaires avant tout. Ils ne se contentent plus des fumées de la gloire ; il leur faut une nourriture plus substantielle et plus solide. Toute nue, elle a peu de prix pour leur cœur [...]
[...] On ne travaille plus pour la postérité... l'on ne pense pas même au lendemain. On travaille pour le moment et au jour le jour : de là, tant de brochures futiles ou de productions éphémères, fruits de la circonstance et qui meurent avec elle... "
Extrait de L'EVANGILE ROUGE, écrite en 1826 & 1829
par Théophile Bra de Dwai.
LA MASCARADE DU MASQUE
- prologue -
[...] Et y'a le masque sur le mur
Qui fait froid dans l'dos...
...Qui dit jamais un mot...
Il ne savait pas...
...Qu'on en revient pas [...]
Le masque sur le mur/Gérard Manset.
À Jacques Cauda,
peintre éclaireur du surfiguratif.
[...]à mi àrnonché-vo's ej su Derwydd, chl'émorleu ed chés seurtèys. Ej su chl'àrck-Abranm des cius, ej su cheule crozèye ed chés thiotes éstrèyes ed l'about*. Tout ce qui demeure est égal au cri du décapité, le cri du ciel égorgé et celui de vieux d'Humanité avec des vrais livres de papier...
La tranchée qui abrite le corps n'est plus que le corps qui habite la tranchée et une boue de sang habille le tout. Limon de vie, encor ce corps même mort à transmettre.
Rue de L'Abbaye des Prés, le masque adresse une très longue lettre où il tente de faire de son mieux pour ouvrir mon cœur de vieil Ulysse, d'antique créature... Alors ce soir et plus loin avançons, Pénélope, un arbre creux à notre bras et à l'"autre" la Fée Ficelle pendue !... Tentons de tracer, Ethlynn & Lasoui à l'Orage la Sainte, de nos mains une autre ligne d'horizon et basculons de l'autre côté de La Vallée de la Passion. Merci Hedd & Francis de NOUS ouvrir la voix.
Aux Hespérides, le jardins des dieux ; aux Hespérides, les nymphes gardiennes ; aux Hespérides, les pommiers d'or. Aux Hespérides, l'Îles de l'âme est jolie. Rue des Hespérides, le masque écrit une très longue lettre.
Esprits dits éveillés mais têtus de dénies de réalité, voici le temps des ouragans qu'accompagnent d'authentiques alligators souriants : Ils remontent le cour du delta et jusqu'au cœur du Mississippi ; bientôt échouant aux rives de la Scarpe pour un nouveau territoire à défricher, déchiffrer, ils bouffent et avalent les cadavres de vos vilaines progénitures... Et combien de tristes vols de choucas dans le tout profond de derrière l'orbite de l'œil transpercé de Balor le borgne ? Le cyclope n'y voit plus ! Oh ! Tendre Quine, CELA va être pire que le plus sévère des hiver et CELA gèlera à pierre fendre comme le crâne de Sonny Boy Williamson... - le premier ou le second ? Peu NOUS importe car NOUS le savons ; ils sont deux L'original et l'imposteur - ...dont le blues harmonica déchire la peau des mots : "Lord, Oh Lord Blues" [sic/Aurora II, 17 juin 1939]. Sous les coups du gel, le nourrisson explose en un bouquet de braises ardentes... Désastre, Grand Désastre ! Il est minuit dans le tronc de l'Humanité pourrissante d'un siècle naissant qui s'avance pareil à une entreprise de catastrophes en grandes pompes funèbres. L'oiseau de proie qui nous veille, bouffe les rêves de nos candides sommeils de gueux naïfs puis aux réveils, le vautour NOUS abandonne avec une étrange sensation de pâtes médicamenteuses à cadavres bien mûrs en bouche. Pour tout sucre des fourmis flottent sur le jus de bouillon de nos destinées.
Et si le masque était le voleur de "je" ? Si le masque était le découpeur... de mo(r)ts ? Le boucher-charcutier des maux ? "Je" découpeur-charcutier de l'"autre" et des faux semblants ? Le masque est RIEN ! Le masque est TOUT ! Roi Arth, la cendre de tes visions s'éparpille, s'évapore dans l' Alzheimer de ta dignité mais je me rappelle pour toi et je raconte tes souvenirs. Un vent brûlant emporte tout... Arth quelque part.
Aux Hespérides, la Palmas et Gomea ; aux Hespérides, Santas Cruz de Tenerife ; aux Hespérides, Fuerteventure et Lanzarote ; aux Hespérides, Hierro, l'Îles de fer ; aux Hespérides, chaud et sec, l'été... cet été dernier où j'ai cru faillir en mourir !
...Coère étou ej'su ch'pati bleuw, màrouleus'mint fré pi ioe:che, l'bleuze pati màrouleus'mint to't déployé eque pon in trézawis'mint i' peut së nin in rafardé**...
Goulument, le Poème de la Vie se déconstruit à l'approche des lugubres croassements de Korrigane - la scène a lieu au dessus d'un étang de Galway dans les eaux duquel, nue, se baigne la Reine Medb du Connacht -. À la suite, que peut-il survivre de nos "je" ? De nos "autres" ? Tout CELA ne s'écrit pas ou plus seulement au milieu d'oriflammes belliqueuses mais aux cœur creux d'une pluie d'acides plumes d'anges calcinées, aux bras d'un diable répugnant qui couve ses œufs dans les nids des innocents. Au-dessus du Pays, ma terre est grise béante... béate ! j'y vois le masque qui est RIEN ! - le masque qui aussi est TOUT ! - ; le "je de l'autre" qui est néant. Pourtant "je" désire "il" et il chante. Il chanterait bien en corps dans ma bouche une fois, de porte en porte jusqu'aux aurores des crépuscules - Là, extraite du film Masked and Anonymous, la bande sonore diffuse une chanson tradiotionnelle Diamond Joe, revue, corrigée par Jack Fate [sorti de prison !] alias Bob Dylan et lui-même alias Robert Zimmermann - ===> "Je est un autre" : Arthur Rimbaud. Bientôt, en 2016, Bob Dylan se voit décerné le prix Nobel de littérature et c'est bien qu'il en soit ainsi.
Aux Hespérides, une nymphe de cœur ; aux Hespérides, le Normand conquérant ; aux Hespérides, Jean de Béthencourt ; aux Hespérides, mon masque d'entrailles au mieux de l'autre ; aux Hespérides, l'Île d'Avalon [à moins que ce soit celle de Groix ?].
...ej su' chl'in.nàrse niar ed chés Khonorins. adon là ch'ét seule nworte pi gàrbourioeuse càrchèle ; tatous' dévalé chi din chés papars inplokèys, vius pàrchongnés écartelures à mi àrnonché vo's ej su chl'émorleu-époetreu ed chés seurtèys, Derwydd.***
Entendez, Ecoutez ! Des corps se consument dans les flammes de vos existences. Comme des masques qui ne veulent plus rien dire, CELA crépite-t-il ? Et CELA brûle ? De l'Enfance, la balançoire abandonnée... Le masque ne se souvient pas que... Le masque se souviens trop : l'odeur de la boue, l'odeur du labour et de la rosée d'un p'tit matin... Le masque se souvent... et c'est pire qu'une photo jaunie. elle et lui, lui et elle désirent que le masque vive sans eux.
Cheule souvenanche, à coese qu'ale ét toudi laù, ét l'coese ed chés bérluzrie àm, à li pi à ti étou. Chl'àpréche del berluzrie, nozoete tàrtou' ale foét bérloké. Ch'ét insigne ! Quaintt à pu rin buzié, inbzipe !... Cheule berluzrie, ale ét bayé edpa chl'éblérache... vlan ! eque seule nworte pi gàrborioeuse càrchèle foét poùrtréture edzeur el corte ed min chapite... (é-pi seule nworte gàrbourioeuse càrchèle n'ét pon tenp agaÿante équ'chaù !).
Non, c'est l'Îles d'Ithaque en Dwai et mon Arthur, j'y suis de retour et j'y ai vu passer en fin de matinée la Rature et le Radur.
Le 10 juin 2009, en Saint Amand-les-Eaux
et relu, corrigé et légèrement actualisé
le 30 décembre 2018 en Dwai.
Traductions françaises des passages en picard chamanique :
*...abandonnez vous à moi, je suis Voyant-du-chêne l'écrabouilleur des certitudes. Je suis l'arc d'Abraham (l'arc-en-ciel), je suis la croisée des petits chemins tout au bout...
**...Encore, je suis la pâture bleue, amoureusement fraîche et humide, la pâture bleue amoureusement toute dépliée, dont aucun clair entendement par ruse ne peut s'emparer...
***je suis le loufoque bébé pleurnichard enflammé du peuple de ceux qui n'ont pas la connaissance. Alors là, c'est l'effrayante et en ensorceleuse crécelle noire ; tous descendez ici dans l'image contaminée d'un enfant vue dans l'œil d'un autre, vieux éventreurs complices de meurtres, abandonnez-vous à moi, je suis l'écrabouilleur-écraseur des certitudes. Voyant-du-Chêne.
****Les souvenirs parce qu'ils sont toujours présents, sont la raison de mes fautes, des siennes et des tiennes aussi. l'ardeur de la faute, nous autres tous, nous fait tituber. C'est ainsi ! Quand à l'oubli, impossible ! ...La faute, elle est offerte par l'inattention... voilà que l'effrayante et ensorceleuse crécelle noir prend forme sur la corde de mon discours (puis la noire ensorceleuse crécelle n'est pas si effrayante que cela !).


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